Le français est loin d’être une langue simple, et peu de personnes diraient le contraire. Il repose sur un grand nombre de règles — grammaticales, lexicales, phonétiques, sans oublier les règles typographiques, souvent méconnues aujourd’hui, notamment dans les échanges numériques. Les règles les plus courantes sont généralement bien respectées, et lorsqu’elles sont enfreintes, l’erreur est vite repérée.
En revanche, les difficultés apparaissent avec les règles moins connues, parfois totalement ignorées. À force d’être répétées, certaines erreurs finissent par s’imposer et semblent devenir correctes. Il devient alors rare que quelqu’un les remarque. Pire encore, une tournure juste mais peu utilisée peut être perçue comme fautive. Par exemple, dire : « Nous sommes sortis après qu’il est venu nous voir » est grammaticalement correct, puisque la conjonction après que doit être suivie de l’indicatif. Pourtant, beaucoup corrigeront à tort en proposant « après qu’il soit venu ». Celui qui s’exprime correctement risque alors d’être jugé comme parlant mal, ce qui est paradoxal.
Les pages qui suivent ont pour objectif de mettre en lumière — et non mettre à jour — ces erreurs fréquentes, souvent commises de bonne foi. Elles concernent tous les domaines de la langue : orthographe, grammaire, prononciation. Les erreurs de sens ne sont pas non plus oubliées : il arrive fréquemment qu’un mot soit utilisé à la place d’un autre ou avec une signification incorrecte. Les pléonasmes sont également abordés, y compris ceux que l’on ne perçoit plus comme tels. L’expression « dune de sable », par exemple, est redondante, puisqu’une dune est, par définition, constituée de sable.
Une partie importante de cet ouvrage est consacrée aux usages contemporains. On y trouve des expressions détournées de leur sens initial, des tournures déformées, des structures grammaticales malmenées, ainsi que des tics de langage. Ces usages, largement présents dans la langue quotidienne, sont souvent amplifiés par les réseaux sociaux et Internet, qui favorisent leur diffusion rapide. Beaucoup les adoptent sans vérification, convaincus de leur justesse, surtout lorsqu’ils les rencontrent sur des supports jugés fiables. Or, rares sont ceux qui prennent le temps de consulter un dictionnaire ou un ouvrage de référence pour confirmer leur emploi.